Cinéma "Made In France"
La redécouverte de La loi du marché de Stéphane Brizé sur Arte - que je n'avais pas revu depuis la salle de cinéma il y a deux ans - m'a donné envie de créer une page sur des films français qui m'ont émue, bouleversée, touchée, des films de différents genres, différents réalisateurs, différents thèmes.
Vincent Lindon (acteur génial et touchant) reçu pour ce rôle le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2016 ainsi que le César du Meilleur acteur.
La loi du marché est un film social très ancré dans son époque de facture quasi documentaire où Stéphane Brizé a réuni des acteurs et actrices non professionnels devant la caméra dans le but de d'offrir une dimension la plus réaliste possible. Et ça marche.
Vincent Lindon (acteur génial et touchant) reçu pour ce rôle le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2016 ainsi que le César du Meilleur acteur.
La loi du marché est un film social très ancré dans son époque de facture quasi documentaire où Stéphane Brizé a réuni des acteurs et actrices non professionnels devant la caméra dans le but de d'offrir une dimension la plus réaliste possible. Et ça marche.
Après plusieurs mois de chômage, la cinquantaine entamée, Thierry alterne les rendez-vous Pôle Emploi et entretiens d'embauche non concluant jusqu'à ce qu'un jour, il décroche un poste de vigile dans une grande surface. Le propos du film n'est pas tant de broder son histoire autour de la difficulté d'un "senior" à retrouver un travail après plusieurs mois de chômage - bien que cette situation soit très bien développée dans la première partie du film dans toute sa réalité et sa justesse -,mais plutôt d'interpeller le spectateur sur la question du dilemme moral : en effet, après de longs mois de chômage et parce qu'il faut subvenir aux besoins de sa famille, peut-on tout accepter? Peut-on fermer les yeux sur des pratiques salariales douteuses qui conduisent le salarié à un mal être permanent?
Le film nous interroge et nous ne pouvons pas ne pas avoir d'avis sur la question.
Le style de Stéphane Brizé m'a convaincue : une caméra portée dans le plus pur style documentaire qui laisse la parole à tout le monde où tout un chacun exprime son point de vue.
La scène de pré-générique annonce le ton : Thierry est face à un conseiller -très certainement du Pôle Emploi- et on sent dans le dialogue un malaise grandissant; Thierry explique sa situation à un conseiller non pas antipathique, mais qui se trouve être dans l'incapacité de proposer à son client une issue professionnelle favorable. La caméra alterne entre les deux personnages dans un plan-séquence documentaire, jusqu'à ce que le titre s'affiche.
Les scènes de repas avec sa femme et son fils handicapé et les scènes au cours de danse permettent au spectateur de s'identifier à ce "monsieur-tout-le-monde" en galère qui est comme eux: il connaît aussi bien des moments de bonheur en famille que des moments difficiles (comme lorsqu'un patron lui fait comprendre par webcams interposées qu'il ne sera pas embauché).
Une séquence qui m'a marquée est celle qui se déroule pendant une de ses réunions Pôle Emploi où Thierry est confronté au jugement critique des autres participants de la formation. Après le visionnage d'une vidéo où il devait se mettre dans la peau d'un candidat face à un éventuel recruteur, le groupe de participants est invité à prendre la parole et à dire devant Thierry ce qu'il pensait de sa prestation sur la vidéo; et les langues se délient de la façon la plus franche dans une cruelle vérité. Thierry est jugé sur son attitude jugée trop "avachie", sur sa chemise déboutonnée ou encore sur son aspect froid et distant. La scène est filmée dans un plan-séquence où Thierry, assis au milieu des autres, les observe dire leur avis sans intervenir et où la caméra passe d'une personne à l'autre. On a l'impression d'être devant un film documentaire, un de ses reportages à la "Strip-Tease" où des gens prenaient la parole librement sans un regard pour la caméra. Thierry est isolé dans le cadre, assis au milieu des gens qui le jugent non pas pour ses qualités professionnelles et son expérience mais sur son apparence et sur ce qu'il dégage, et nous prenons conscience d'une certaine hypocrisie sociale.
La loi du marché est un film social pertinent qui place l'humain au centre de son intrigue, exactement comme le firent les frères Dardenne en 1999 avec leur poignant Rosetta, et ce, sans jamais chercher à nous faire larmoyer. Un grand film très actuel qui questionne la place du travail au sein de notre société et qui remet en question la place de l'être humain au centre de la spirale infernale que beaucoup de français connaissent malheureusement : travail-pression-mal être.
Vincent Lindon livre une fois de plus une prestation emplie de sensibilité, de justesse et d'humanité et il ne fait que confirmer qu'il est un grand acteur.
La loi du marché est un film social pertinent qui place l'humain au centre de son intrigue, exactement comme le firent les frères Dardenne en 1999 avec leur poignant Rosetta, et ce, sans jamais chercher à nous faire larmoyer. Un grand film très actuel qui questionne la place du travail au sein de notre société et qui remet en question la place de l'être humain au centre de la spirale infernale que beaucoup de français connaissent malheureusement : travail-pression-mal être.
Vincent Lindon livre une fois de plus une prestation emplie de sensibilité, de justesse et d'humanité et il ne fait que confirmer qu'il est un grand acteur.





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