Des zombies, de la plante extra-terrestre envahissante, des amants vengeurs, un monstre dans une caisse, des cafards...Bienvenue dans le Creep-Show !
Une
citrouille d'Halloween monte la garde avec un sourire carnassier
devant la fenêtre d'une maison de banlieue américaine. Nous
songeons à la maison de Laurie Strode et on pense forcément à un
certain Michael Myers qui surgirait soudain du Halloween la nuit
des masques de John Carpenter. Mais pas de tueur au masque blanc
ici. Seulement un papa sévère qui punit son petit garçon parce
qu'il a eu l'imprudence de lire en cachette une bande dessinée
horrifique. Dans cette maison, les histoires de monstres dévoreurs
de chair humaine ne sont pas admises.
Le
sourire complice échangé entre le petit garçon (jolie petite
bouille du gosse interprété par Joe King, fils de ...Stephen) avec
le mort-vivant lui faisant face de l'autre côté de la fenêtre de
sa chambre sonne comme la promesse d'une vengeance à l'encontre du
méchant papa. Et comme la promesse que nous allons assister au
Creep-Show, soit cinq histoires d'horreur atypiques mêlant
habilement l'horreur graphique à l'humour noir assumé.
Le
générique s'anime devant nos yeux et c'est un véritable petit
trésor d'une minute et demie d'animation stylée, énumérant
sommairement les différentes histoires que nous allons voir dans le
film. C'est aussi et surtout un hommage de la part de feu George A.
Romero et Stephen King pour les glorieuses bandes dessinées
d'horreur E.C Comics des années 1950.
Je
vais vous parler du premier show du film intitulé Father's day.
Que le spectacle commence !
Une
histoire de patriarche revenu d'entre les morts pour accomplir sa
terrible vengeance à l'encontre des membres de sa famille. Un
premier sketch qui annonce d'emblée la couleur de ce que nous allons
voir à savoir un petit chef d’œuvre de l'horreur « vintage »
parsemé d'une bonne dose d'humour noir comme on l'aime.
L'originalité
d'un flash-back nous racontant la mort du père dans une série de
« cadres dans le cadre » parachevant ainsi le clin d’œil
de George Romero et de son comparse Stephen King pour les BD EC
Comics qu'ils ont dévoré durant leur enfance.
Les
différentes scènes amenant à l'assassinat du père étant
formidablement représentées à travers toute une série de plans en
forme de cadre photographique ou encore de part de gâteau
ensanglantée inscrivant le film dans une esthétique atypique, celle
du comics.
Et
puis, surviens la scène de la résurrection du père à l'état d'un
zombie en putréfaction réveillé du fond de sa tombe par sa propre
fille qui a malencontreusement provoqué son réveil macabre ;
l'horrible créature fait d'abord surgir sa main de la tombe, image
fidèle du surgissement de zombie dans la culture populaire. Puis
elle fait ramper sa carcasse pourrissante en direction de sa fille
effrayée qui hurle de terreur comme dans tout bon film d'horreur qui
se respecte et comme dans une scène issue d'un cauchemar, cette
carcasse se rapproche lentement mais inexorablement de sa proie.
L'effet
fonctionne toujours même trente-cinq ans après. Saluons les prouesses
de l'équipe maquillage dirigée par le génial Tom Savini pour avoir
réussi à redonner vie à ce zombie typique des monstres des années
1950.
La
mise en scène est typiquement « George romerienne » avec
par exemple la représentation à l'écran d'un petit cimetière qui
semble être sorti tout droit de La Nuit des morts-vivants
avec ses chapes de brume qui enveloppent les pierres tombales dans
une atmosphère inquiétante. Une colorimétrie des plans oscillant
entre le rouge et le bleu dans un effet stylistique faisant écho non
seulement aux couleurs de la bande dessinée que le petit garçon
lisait dans le prologue mais aussi à la couleur flamboyante des
productions Corman des années 1950 et 1960, sources d'influence
évidentes pour le réalisateur.
La
musique composée par un synthétiseur -l'instrument typique de ce
début des années 1980- laisse entendre des notes angoissantes qui
nous plongent encore plus dans le suspense lorsque le personnage
interprété par le jeune Ed Harris est à la recherche de Bédélia
dans le cimetière plongé dans la nuit.
L'apparition
du zombie à l'écran se tenant debout entre les tombes est appuyée
par cette musique anxiogène pour encore mieux nous faire frissonner.
Et puis le spectateur passe de l'effroi au rire lorsque le putride
mort-vivant prononce cette célèbre litanie : « Je veux
mon gâteau Bédélia ! » en faisant référence au gâteau
de la Fête des pères que le pauvre homme n'avait pas eu le temps de
manger puisque sa fille s'était débarrassée de lui...Mais non pas
une bonne fois pour toute.
La
chute de Father's day est restée gravée dans les mémoires
des amateurs de cinoche fantastique des années 80 : le
mort-vivant s'est préparé un gâteau orné d'une tête humaine –
celle de l'hôte de maison- qu'il brandit fièrement devant deux
jeunes gens terrifiés qui hurlent de terreur face caméra et
s'empresse d'ajouter aux personnages ainsi qu'aux spectateurs qu'il a
enfin eu son gâteau ; et de nous souhaiter au passage une bonne
fête des pères dans un rire guttural.
Le
show Father's day est maintenant terminé, j'espère qu'il
vous a plu. Mesdames et messieurs, préparez-vous à la suite du
spectacle qui mettra en scène quatre autres histoires tout aussi
atypiques et respirant l'amour d'un certain cinéma d'épouvante
qu'on aimerait d'ailleurs voir ressurgir dans le paysage
cinématographique actuel.





Commentaires
Enregistrer un commentaire