Mindhunter : Sur la piste des tueurs en série.

La série de 10 épisodes produite par le talentueux David Fincher -et Charlize Theron- pour Netflix a pour sujet les méthodes novatrices qu'employèrent le FBI dans la traque des tueurs en série à la fin des années 70.



Holden Ford est un jeune et brillant agent fédéral spécialisé dans les sciences comportementales faisant équipe avec deux autres agents: l'indépendante Wendy et Bill Tench, un agent plus âgé et expérimenté que lui dont la mission est d'interviewer de dangereux tueurs en prison dans le but de mieux les appréhender et d'anticiper leurs actes.



La représentation de ce duo de flics nous évoque celui, magistral, campé par Morgan Freeman et Brad Pitt dans le Seven de ce même David Fincher réalisé vingt-deux ans plus tôt. Le réalisateur réalise 4 des 10 épisodes de la série et son style cinématographique se ressent: le duo de flics antagoniste mais complémentaire à la fois, la mise en scène posée et tout aussi esthétique privilégiant des éclairages modérés et contrastés.
Ne vous attendez surtout pas à voir une série mettant en scène des effets gores où les giclées de sang seraient légion: ce n'est pas du tout ça. Mindhunter privilégie le psychologique au spectaculaire et accorde une grande place à son atmosphère sombre qui s'installe progressivement d'épisode en épisode. 


David Fincher a toujours accordé une importance cruciale à ses personnages. Aussi bien nous suivons les travaux menés par Holden et ses collègues dans leurs études sur les tueurs en série avec une plongée dans la psyché déviante de chaque tueurs mais l'histoire se concentre également sur la relation qu'entretient le jeune agent avec Debbie, une étudiante en sociologie rencontrée dès le premier épisode et dont la relation s'étire sur toute la première saison. Une relation représentée dans toute sa justesse et son ambiguïté et qui parvient à éviter les clichés de la relation sentimentale typique des séries télévisées. Ça change et on ne s'en plaindra pas.



La reconstitution de cette Amérique de la fin des seventies est remarquable de réalisme -même si je n'ai pas connu cette époque! - et j'apprécie le choix d'une bande sonore 70's de qualité qui ponctue et clôture chaque épisode.
Le casting est solide: Jonathan Groff, Holt McCallany et Anna Torv (vue dans la série Fringe) excellent dans leurs rôles d'agents fédéraux passionnés par leur travail et dont chacun a sa propre vision de la profession pour appréhender de dangereux criminels. La jeune Hannah Gross qui interprète Debbie est très convaincante dans le rôle de la jolie et tout aussi mystérieuse petite amie du héros, jeune femme indépendante et bien de son temps. 

Les références de cette série vont du Silence des Agneaux de Jonathan Demme en passant par Seven, mais aussi à la première saison de True Detective (je pense par exemple à la représentation du duo d'agents et à l'atmosphère pesante que l'on ressent au fil des enquêtes).
Mindhunter est une série passionnante qui nous plonge dans l'étude de monstres humains tout à fait ordinaires et qui parvient à nous captiver en nous épargnant des effets sanglants d'habitude légion dans ce genre et qui auraient à mon sens dénaturer l'univers de la série.
David Fincher n'a plus rien à prouver au spectateur de 2017. Juste nous confirmer qu'il est un génie dans la représentation de personnages à la psyché ambiguë. Bref, un génie à représenter avec justesse toute l'ambiguïté humaine et c'est aussi pour ça qu'on l'adore.




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