Focus sur: Michael Myers derrière la haie - Halloween La Nuit des Masques (John Carpenter, 1978)
L'une des lycéennes sort du cadre pour
rentrer chez elle et nous nous focalisons sur Laurie et son amie
poursuivant leur chemin...jusqu'à ce que le réalisateur rompt avec le plan-séquence et insère dès
le plan suivant l'inquiétante apparition d'un Michael Myers statique
au milieu de l'allée à plusieurs mètres des filles et dont seule
Laurie est le témoin.
La caméra capte le regard de la jeune fille
qui perçoit en à peine quelques secondes – en même temps que
nous- la présence
immobile de cet énigmatique personnage dont le visage affublé de
son masque blanc et lisse semble tourné vers Laurie (et donc vers
nous). Il nous observe de loin et semble être à l'affût tel un
prédateur, le corps à demi caché par les buissons de l'allée dont
il se réfugie d'ailleurs en se déplaçant hors-champs. La musique
renforce avec efficacité le sentiment de malaise qui s'empare de nous. Car nous connaissons la dangerosité de ce personnage...
La musique
baisse progressivement en intensité lorsque Laurie découvre que
l'homme est bel et bien parti.
La
virtuosité de John Carpenter est d'insuffler en à peine deux
minutes un climat anxiogène dont la vision cauchemardesque d'un
Michael Myers statique affublé de son légendaire masque blanc qui
nous observe de loin est renforcée par le thème musical grandiose
du cinéaste. On peut également rajouter que la volonté du
réalisateur de matérialiser cette scène étrange en pleine journée
sous un temps radieux tranche avec les scènes nocturnes où le tueur
va accomplir ses horribles méfaits et ce choix est aussi original
qu'ingénieux.
Carpenter
matérialise à l'écran l'« inquiétante étrangeté »
freudienne qui conceptualise en 1919 ce sentiment de malaise né
d'une rupture au sein de la rationalité du quotidien et qui se veut
être la base de toutes les histoires fantastiques et d'épouvante.
Cette « inquiétante étrangeté » baigne dans tout le
film, de la séquence d'introduction en caméra subjective jusqu'au
plan final qui laisse une fin ouverte des plus énigmatique.
Cette image d'un Michael Myers statique au beau milieu d'une allée en pleine journée reste ancrée dans notre mémoire de cinéphile telle une vision de cauchemar et contribue à faire du célèbre tueur au masque blanc un des plus grands et inquiétants "boogeyman" de toute l'histoire du cinéma.
Cette image d'un Michael Myers statique au beau milieu d'une allée en pleine journée reste ancrée dans notre mémoire de cinéphile telle une vision de cauchemar et contribue à faire du célèbre tueur au masque blanc un des plus grands et inquiétants "boogeyman" de toute l'histoire du cinéma.


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